07/07/2012

Il faut revaloriser les Directeurs d'écoles fondamentales !

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Autrefois, c’était une fonction prisée. Le bel aboutissement d’une carrière. Ce n’est plus le cas. Diriger une école est devenu un calvaire – la gestion administrative s’est alourdie, les écoles ne sont plus les havres de paix d’antan, les publics scolaires de plus en plus divers sont de plus en plus difficiles à gérer, etc. Total : les candidats à la fonction ne se bousculent plus.

 

Les pouvoirs organisateurs (PO) peinent à en dénicher. Et bien des chefs d’école craquent, et s’en retournent sur l’estrade. C’est surtout vrai au fondamental. Au secondaire, le chef d’école est épaulé par une équipe. Au primaire, il est souvent seul. Une aide administrative est accordée par lot de 1.000 élèves. C’est dérisoire.

 

Soutenus par le Secrétariat de l’enseignement catholique (Segec), les directeurs réclament un geste de la Communauté française. En vain. Mais le Conseil de l’éducation de la formation (CEF) vient de rendre un avis qui confortera leur combat. Le CEF est cet organe de réflexion qui réunit une trentaine d’acteurs scolaires (PO, syndicats, parents) et de la formation (patrons, Forem, Actiris). Son avis est clair et unanime : la fonction de directeur du primaire doit être revalorisée.

 

Le CEF rappelle que la Communauté s’y est engagée en début de législature (certes : « en fonction des disponibilités budgétaires»). Il note que l’OCDE a signalé que « le recrutement des chefs d’école est devenu difficile » (on évoque « des difficultés de recrutement dans 15 pays sur 22 » (dont le nôtre). Le CEF cite une étude menée par les PO où il est dit, notamment : vis-à-vis des enseignants, « l’autorité du directeur ne va plus de soi ». Les PO avaient aussi noté que les directeurs doivent de plus en plus travailler avec des intervenants sociaux et judiciaires (« Ils sont au cœur d’un réseau d’intervenants multiples qui le sollicitent dans le cadre de conflits familiaux, de problème de maltraitance ou d’exercice de l’autorité parentale »). On évoquait encore une « inflation administrative et bureaucratique qui empêche les directions de se consacrer à l’essentiel : le leadership pédagogique de leur équipe ».

 

Le CEF engage le politique à  considérer le directeur comme le « pivot indispensable de l’amélioration de la qualité de l’enseignement » et à mettre les moyens pour cela. Sur l’aide administrative : « Les chefs d’établissements doivent être mis en état d’exercer un véritable leadership pédagogique, ce qui nécessite qu’ils puissent bénéficier d’un encadrement pour déléguer les fonctions sociales, éducatives et  administratives à du personnel organique spécifique, comme c’est le cas au secondaire » – le CEF, ici, suggère un leadership pédagogique « partagé » avec les profs expérimentés.

Enfin, il est dit que la fonction « doit être rendue plus attractive » sur le plan salarial et qu’un écart suffisant doit être conservé entre directeur et enseignant. A priori, on voit mal le politique esquiver un avis aussi tranchant. Et le Segec a déjà annoncé que le prochain accord social devra évoquer le sort du directeur.

 

Extrait du Journal LE SOIR du 06/07/2012

 

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00:33 Écrit par Marc Vande Weyer | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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