27/07/2009

Les antibiotiques trop vite prescrits

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Les médecins prescrivent trop facilement des médicaments inutiles, en particulier des antibiotiques, selon une enquête effectuée par Test-Achats auprès de 103 médecins.


Des enquêteurs de l'association de défense des consommateurs, tous en parfaite santé, se sont présentés chez un médecin, en affirmant avoir mal à la gorge sans autre symptôme (ni fièvre, ni toux).


Selon les résultats de cette enquête, près de 4 médecins sur dix ont spontanément prescrit des antibiotiques. "29% ont recommandé une prise immédiate, et 10% ont remis une prescription en recommandant verbalement de n'entamer le traitement que si le mal de gorge ne s'améliorait pas ou empirait", précise Test-Achats dans un communiqué.


La prise d'antibiotiques lorsqu'ils ne sont pas nécessaires entraîne une augmentation du nombre de bactéries résistantes et rend donc certaines affections banales plus difficiles à traiter, rappelle l'association.


Outre les antibiotiques, les médecins ont prescrit 184 autres produits, "souvent des traitements locaux tels que des comprimés à sucer, des sprays ou des bains de bouche", qui ne sont pas nocifs mais dont "l'efficacité n'a jamais été prouvée".


"Nous avons également trouvé une série de produits inutiles en cas de mal de gorge, comme des médicaments homéopathiques", poursuit Test-Achats, ainsi que des produits "non seulement inutiles mais en outre déconseillés en raison de leurs effets indésirables", comme le spray nasal Sofrasolone.


Ces prescriptions ont aussi un coût: outre la visite médicale, en moyenne 11 euros de médicaments par patient et pour les seuls antibiotiques, 198 euros pour les patients et 751 euros pour la sécurité sociale.


Les résultats de cette enquête montrent la nécessité de sensibiliser les patients au bon usage des médicaments et des antibiotiques en particulier, mais aussi les médecins pour qu'ils prescrivent "les médicaments adaptés (et) qu'ils osent refuser une prescription à leur patient si elle n'est pas indiquée", conclut Test-Achats.


L'enquête a en effet montré qu'en insistant un peu, le patient pouvait faire changer son médecin d'avis dans près d'un cas sur cinq.

20:12 Écrit par Marc Vande Weyer | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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