19.05.2007

La révolution orange du cdH

Milquet2Il est des signes qui ne trompent pas. Les sceptiques (nombreux) qui raillaient le changement de nom du PSC en CDH, le 18 mai 2002, cherchent aujourd'hui désespérément un coin d'ombre pour se faire oublier.

 

Il est vrai qu'à l'époque, il n'y a guère que la garde rapprochée de Joëlle Milquet et la jeune génération montante pour croire au renouveau possible du parti.

 

Vieillissant, engoncé dans un conservatisme qui lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock dans « L'affaire Tournesol », traînant son ennui dans l'opposition depuis 1999, le PSC est alors moribond.

 

L'opération « Centre démocrate humaniste » apparaît dès lors pour de nombreux observateurs, tant en interne qu'en externe, comme purement cosmétique.

 

Cinq ans plus tard, le CDH a pratiquement fait oublier le PSC, gommé (un peu) son étiquette chrétienne et fait accepter, sans rire, le « h » d'humanisme.

 

Il est surtout, revenu au pouvoir à la Région wallonne, à la Communauté française et à la Région bruxelloise en 2004. Enfin, il est dopé par les derniers sondages qui confirment l'avance orange sur l'échiquier francophone.

 

C'est donc une Joëlle Milquet plutôt en forme qui a soufflé les cinq bougies du gâteau d'anniversaire, vendredi soir, sur les hauteurs de la citadelle de Namur. En défendant, devant un petit millier de militants, ce qu'elle appelle les quatre révolutions orange : nouveau nom, nouvelle équipe, nouvelle méthode, nouveau projet.

 

En prononçant, surtout, un discours aux accents finement « sarkoziens ». Axé, donc, autour de l'idée de rupture qu'elle nous a livrée quelques minutes avant de s'installer à son pupitre : « C'est l'heure... H pour sortir d'une majorité socialiste-libérale contre-nature et immobile. Au gouvernement fédéral, c'est un pas à gauche, un pas à droite mais jamais un pas en avant. »

 

En clair, pour la patronne des humanistes, il faut gouverner autrement : « La Belgique a un grand besoin de réformes. Besoin de valeurs fortes, de sens du travail et du mérite, mais aussi de nouvelles solidarités, de respect, de générosité et d'une sécurité sociale forte. »

 

Adversaire désigné : le MR qui « annonce de grands projets puis fait l'aveu, en campagne, de tout ce qu'il n'a pas pu faire ».

 

A l'entendre, son parti aurait engrangé davantage de résultats en trois ans de concubinage avec le PS à la Région et à la Communauté que les réformateurs en 8 ans au fédéral : « Nous sommes l'aiguillon des réformes. » Sous-entendu : « Nous le resterons. »

 

C'est une évidence même si Joëlle Milquet s'en défend - ah !, ce sacro-saint « C'est l'électeur qui décidera » -, le CDH rêve de retrouver la majorité fédérale.

 

La relève est prête. La présidente ne dit-elle pas que Melchior Wathelet, Maxime Prévot, Véronique Salvi, Vanessa Matz, Sylvie Roberti ou encore Anne Delvaux, sont toutes et tous des « ministrables » en puissance ? Des jeunes qui prouvent, selon elle, « que dans cette révolution orange, il y a beaucoup de modernité et d'innovation ».

 

Extrait du Journal LE SOIR du 19/05/07

18:55 Écrit par Marc Vande Weyer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.