30.05.2006
Pas de tarif réduit le week-end
Etendre le tarif bihoraire d'électricité au week-end ?
Le système serait « peu favorable » au consommateur, explique-t-on chez le distributeur Sibelga. Au cabinet de la ministre de l'Energie, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), on plaide pour un moratoire d'un an, le temps de voir comment le système fonctionne dans les autres régions. Techniquement, pourtant,
Pour rappel, la formule bihoraire permet aux consommateurs optant pour cette formule de bénéficier d'un tarif réduit sur l'électricité consommée après 22 ou 23 heures (selon les distributeurs). D'où vient la tarification bihoraire ? Le ralentissement nocturne de la consommation coûte cher en énergie aux producteurs d'électricité (mise en arrêt et démarrage des centrales). Pour lisser les pics de production, ils ont imaginé le système bihoraire. Un système intéressant pour le consommateur, malgré une redevance de 48 euros (contre 16,52 pour le tarif normal). Ainsi, le prix du kWh est de 0,09 euro la nuit contre 0,1741 euro le jour. Les utilisateurs déplacent ainsi une partie de leur consommation aux heures creuses (lave-vaisselle, lave-linge, etc.) Du win-win. Producteur et consommateur s'y retrouvent.
Cadeau empoisonné ?
Bruxelles consomme beaucoup d'électricité : 5,2 milliards de kW/h par an. La consommation ménagère est plus modeste : 1,743 milliard de kW/h. Soit environ 1.700 kW/h, en moyenne, par habitant (300 euros par an).
Etendre la tarification de nuit au week-end ? Sibelga et le gouvernement bruxellois sont dubitatifs. Les ménages bruxellois peuvent déjà profiter du tarif avantageux après 22 h. Douteux qu'ils attendent le week-end pour activer le lave-vaisselle... En outre, le placement d'un compteur bihoraire, indispensable pour bénéficier de la ristourne, coûte 300 euros. Et l'extension du système risque de provoquer une augmentation de 30 à 50 % du tarif de nuit. Ce dernier est en effet calculé en fonction de la consommation respective des deux tarifs. Pour faire simple, plus on consomme la nuit, plus l'avantage, comparativement, diminue... Et donc, la ristourne sera moindre.
Gain estimé pour le consommateur ? Une vingtaine d'euros par an, disent les optimistes. Mais d'autres parlent carrément d'un cadeau empoisonné. Heureusement, il n'est pas question de pénaliser les autres consommateurs (au tarif monohoraire). Autre argument : le 1 erjanvier, le secteur de l'énergie sera libéralisé à Bruxelles. Est-il raisonnable de faire deux révolutions à la même date ?
Extrait du Journal LE SOIR du 30/05/2006
23:33 Écrit par Marc Vande Weyer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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