22.11.2005
Zaventem : dialogue de sourds

L’aéroport de Bruxelles national est un morceau de territoire national. C’est donc le gouvernement fédéral qui a autorité sur Bruxelles national. Mais l’aéroport est sur la commune de Zaventem en Région flamande, non loin de la Région Bruxelles Capitale. Pour décoller et atterrir, les avions survolent donc à basse altitude les Régions flamande et bruxelloise. On choisit la piste et la route aériennes d’un avion selon la météo et selon des normes de bruit. Ces normes sont plus sévères la nuit, particulièrement entre 23h et 6h du matin.
L’aéroport de Zaventem a été construit pour l’exposition universelle de 1958 à Bruxelles. A l’époque, Zaventem était encore en pleine campagne. Il y avait très peu de trafic aérien et aucun avion, la nuit. Très vite, le trafic aérien a augmenté. Et la région de Bruxelles s’est très fort développée. Surtout quand la capitale belge est devenue le siège des institutions européennes. Dans les années 1980, l’aéroport de Bruxelles National ne pouvait plus accueillir tous les avions.
On a donc décidé de construire un aéroport plus grand. C’est alors qu’il aurait fallu se poser la question: Zaventem était-il le bon endroit pour un aéroport national ? On aurait pu choisir un endroit plus éloigné de Bruxelles mais avec de bonnes liaisons par route et par train. Seulement voilà, un aéroport international crée plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects. C’est donc intéressant pour une région. De plus, dans les années 1980, les problèmes communautaires existaient déjà entre les différentes régions du pays. Pas facile de choisir un lieu pour le plus grand aéroport de Belgique.
Depuis quelques années, avec le développement de Bruxelles et de l’aéroport, une question se pose : comment «partager» le bruit sur les régions bruxelloise et flamande, surtout la nuit ? Sous le premier gouvernement Verhofstadt, la ministre des Communications, l’Ecolo Isabelle Durant, a voulu interdire le trafic de nuit. Influencé par les milieux économiques et politiques, Verhofstadt a tout de suite annulé la décision de sa ministre. Depuis, c’est la pagaille.
Les riverains se sont associés pour défendre leurs intérêts. Les intérêts des uns ne sont pas toujours ceux des autres. Les avions doivent pourtant bien passer quelque part. En attendant un accord, la justice a donné raison aux associations et à la Région bruxelloise contre l’Etat fédéral. La justice oblige l’Etat à trouver vite un accord sur les routes aériennes. Sinon, l’Etat payera une amende de 25 000,00 € pour chaque vol qui dépasse la norme internationale de bruit autorisé. Et, selon la Région bruxelloise, il y aurait au moins 12 500 vols en infraction par an. Il faut donc arriver à accorder les intérêts économiques, les intérêts des habitants gênés par le bruit et les intérêts politiques des Régions flamande et Bruxelloise. Pas simple, de toute évidence !
21:26 Écrit par Marc Vande Weyer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |


Les commentaires sont fermés.